LE MONDE EN BAS RÉSILLE
La chair de l’univers emmaillée. Tentative d’emprisonnement. Recouvrement sexy. Tentation du quadrillage. Point de crochet sur sa peau, un tracé ourlé. Il dessine les rondeurs sinon invisibles du cosmos: les bourrelets du vide, les plis, les soufflets, la respiration d’un espace sans air. Une dentelle habite cette longue nuit. Qui se démaille, parfois: béance dans l’espace. Filets couleur d’oeuf, albumine tricotée. Purée de larves cuite au moule à gaufre. Relent de tamis. Le vide est passé dans les trous et sa marque reste pâle. Réseau d’artères luminescentes. Croisements infinis.
Un monde de rencontres perpendiculaires et incessantes qui flotte sur une absence divine. Une masquarade de structure chantant la peur du néant. Un raccroche-toi, un tiens-bon. Un pathétique gros plan: coucou devant l’abîme. La candeur de ce désespoir, la beauté de ce désespoir, un pauvre grillage qui se délite. Des repères de plus en plus mouvants, grille de lecture illisible. Une armée de signes inutiles. Décorer la nuit et ainsi l’épouser. Une noce au cordeau, de la blanche gravée dans le noir.
Des points de fuite à perte de vue. Une âme s’fait la malle, barreaux dechiquetés. Du clair-obscur au rabais. Vieux coude à repriser.
Plan de ville post-moderne. Traces de lucioles dans les rues de Tokyo.
Juillet 2008

Ce texte a été écrit en écho à la série "Résille", une série de photos retravaillées en numérique, datant de 2008.

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Eleonore Pironneau